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AFRIQUE/MONDE

DSK en garde à vue à partir de mardi à Lille

L'ex-directeur du FMI avait demandé à être entendu dans cette affaire dès l'automne.

Il avait demandé avec force à être entendu il y a plusieurs mois : l'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn est convoqué mardi matin par les enquêteurs de la PJ de Lille, qui doivent l'entendre sous le régime de la garde à vue dans l'affaire de proxénétisme dite du Carlton. L'ancien ministre socialiste a le droit d'être assisté d'un avocat lors de cette garde à vue qui peut théoriquement être prolongée au-delà de vingt-quatre heures.

L'ex-patron du FMI a réclamé à deux reprises de s'expliquer dans cette affaire. Dès l'apparition de son nom dans la presse, à la mi-octobre, il avait demandé à être entendu « le plus rapidement possible » pour mettre fin à des « insinuations malveillantes ». Il avait réitéré cette demande le 11 novembre par le biais de ses avocats, qui dénonçaient un « véritable lynchage médiatique ».

DSK devrait être interrogé au sujet de soirées libertines auxquelles il aurait pris part, notamment à Paris et à Washington, afin de déterminer s'il savait que les femmes qui y participaient étaient des prostituées. Les dernières de ces soirées avaient eu lieu du 11 au 13 mai dans la capitale américaine, à la veille de l'arrestation de DSK dans l'affaire du Sofitel de New York.

Si les juges instruisant l'affaire du Carlton estimaient qu'il existe des charges à son encontre, s'il est démontré qu'il avait connaissance de l'éventuelle origine frauduleuse des dépenses dont il aurait bénéficié, il pourrait être poursuivi pour complicité de proxénétisme et recel d'abus de biens sociaux.

Éventuelle mise en examen

Selon une source policière, une mise en examen et un défèrement de DSK devant un juge des libertés et de la détention qui statuerait sur un mandat de dépôt que pourraient demander les juges ne sont pas exclus.

La question d'éventuelles contreparties à ces soirées, organisées et financées notamment par l'un de ses proches, Fabrice Paszkowski, responsable d'une société de matériel médical, et par David Roquet, ancien directeur d'une filiale du groupe de BTP Eiffage, devrait également lui être posée.

Dans le livre « Affaires DSK, la contre-enquête », de Michel Taubmann, l'ancien patron du FMI jugeait « insupportable » que son nom soit associé dans la presse à la prostitution. S'il reconnaissait avoir « participé à des soirées libertines », il ajoutait : « mais, d'habitude, les participantes à ces soirées ne sont pas des prostituées ».

Huit personnes sont mises en examen dans cette affaire, parmi lesquelles trois responsables du quatre étoiles lillois, un avocat et le chef de la Sûreté départementale du Nord.

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