Sun08302015

Last update10:27:39 PM

 

Back You are here: Home OPINION . Saliou Bella Diallo: «En réunion de conseil politique, Cellou Dalein Diallo se permet de me demander si je ne suis pas tombé amoureux de ma belle sœur; j’étais sidéré»

OPINION

Saliou Bella Diallo: «En réunion de conseil politique, Cellou Dalein Diallo se permet de me demander si je ne suis pas tombé amoureux de ma belle sœur; j’étais sidéré»

Entretien exclusif-2è partie)- Le départ de Dr Saliou Bella Diallo de l’UFDG continue de faire des vagues. Chacun y va de son commentaire sur fond de passion. Dr Saliou Bella Diallo éclaire l’opinion sur le divorce, dans cet entretien exclusif. 

Qu’en est-il aussi de cette affaire de Kindia ?

Il y a eu une nouvelle fédération qui s’était autoproclamée à Kindia et il était question d’aller là-bas urgemment pour encore sauver la situation puisque c’était une tension qui subsistait entre la première fédération de l’UFDG à Kindia et une seconde qui s’était autoproclamée. Et géographiquement, c’était la partie ouest de tout Kindia qui a constitué une seconde fédération pour dire qu’elle voulait fonctionner de façon indépendante. Ils ont constitué un bureau des sages avec des numéros de constat. Et ils ont déposé ça. Nous, nous n’étions pas là donc, ils ont déposé au cabinet qui nous a transmis lors d’une réunion ordinaire du conseil politique et on a dit que la situation était vraiment grave. Et qu’il fallait qu’on aille à Kindia pour éviter que cela n’affecte le bon fonctionnement de l’UFDG dans cette zone stratégique. Mais on manquait de ressources financières. C’est ainsi que personnellement, j’ai décidé de financer le voyage. On a affrété 5 véhicules pour aller à Kindia. Des véhicules remplis de jeunes gens et de femmes avec le bureau exécutif, qui avait fait le déplacement au grand complet.

Combien ce voyage vous a-t-il coûté ?

Cela m’a coûté 12 millions de fg. Mais, un incident a failli nous gâcher. Lorsqu’un jeune sorti de nulle part est venu me lancer des insanités, en disant, ‘’laissez ce bonhomme’’, alors que je recevais des félicitations de part et d’autre au niveau de l’assemblée générale pour avoir sauvé la situation. Le jeune a insisté en disant ‘’laissez ce bonhomme, lui c’est un casseur’’.

Qui était ce jeune qui vous a agressé verbalement ?

C’est un jeune qui était en réalité parmi le personnel d’appui du président de l’UFDG. 

Comment avez-vous géré cette crise de Kindia ?

Nous avons décidé que le principe d’une seule fédération soit maintenu à Kindia. On s’est investi dans ça. J’ai eu à dépenser pour ça aussi. En dehors des 12 millions que j’ai investis, j’ai aussi donné de l’argent de gauche à droite pour rassurer les gens. La femme qui était pressentie au poste de secrétaire de la deuxième fédération est une femme que je n’ai jamais vue. C’était l’épouse d’un grand frère, un officier supérieur, le général Baïlo Diallo, alors chef d’état major général des armées sous Conté. Son épouse travaille à l’IRE de Kindia. On a eu le privilège de revenir avec cette dame avec El Hadj Sirendé, El Hadj Salim Bah et l’honorable Faya Koundouno. Nous avions tenté de la dissuader pour qu’elle renonce à une deuxième fédération. Et lui avions promis de l’aider pour qu’elle soit candidate, par exemple, à la mairie ou à la députation. Mais de venir renforcer la première fédération déjà existante. Afin d’éviter un éclatement ou un dysfonctionnement. 

Pourtant, il y a eu des insinuations contre vous ?

Quand on est revenus de Kindia, ce lobby est allé raconter au président du parti que c’est moi qui voulait une seconde fédération à Kindia et que cette dame est une belle sœur que je préparais pour prendre l’UFDG à mon compte. Et le président en pleine réunion de conseil politique se permet de me demander si je ne suis pas tombé amoureux de ma belle sœur. Ou si je ne voulais pas l’hériter. On était en conseil politique et le président se permet de me poser de telles questions. J’étais sidéré. 

Qu’avez-vous fait suite à ces propos en quelque sorte ‘’déplacés’’?

J’ai alors rétorqué pour lui dire que j’ai près de 60 ans et que j’ai deux femmes qui me suffisent largement. Je lui ai dit que je suis El Hadj et que j’ai beaucoup de respect pour les femmes. Et qu’elles aussi me respectent, parce que, je suis sérieux. Après ma réaction, il y a eu un silence de cimetière dans la salle. Pendant cinq minutes, personne n’a prononcé un mot. 

C’est comme si cela annonçait la rupture avec le président ?

Une fois même quand j’ai convoqué une réunion de prise de contact avec les secrétaires relevant de mon ressort, on m’a dit que j’en ai pas le droit. Pourtant, avant que je ne sois dans le gouvernement de transition, j’avais un jour de réunion, qui se tenait tous les mardis. Et quand ils ont ramené la réunion du conseil politique le mardi, j’ai ramené ma réunion le lundi. Quand les gens sont venus, on a tenu des réunions au cours desquelles j’ai fait des mises au point. Après, on est venu prendre les PV de mes réunions pour aller les censurer à la ‘’CBG’’, (zone abritant le Qg de Dalein). Ensuite, ils ont convoqué des renions extraordinaires pour juger mes déclarations. 

Quelle fut la réaction de vos ‘’adversaires’’ ensuite ?

Après donc mes quatre réunions, ils ont désigné trois personnes pour m’intimer d’arrêter les réunions. Alors qu’ils n’ont trouvé aucune faille dans les PV. J’ai donc refusé. Mais le lobby continuait toujours à me diffamer. Quand j’ai raconté au président, il n’a rien dit. Quand il est revenu, le notable en question est venu pour dire qu’il est le père du parti et qu’il est nommé par Bâ Mamadou. Qu’il va dire tout ce qui ne va pas pour qu’on puisse être sur le bon chemin. 

Comme quoi par exemple ?

En premier lieu il dit que le parti avait envoyé des gens pour être dans le gouvernement de transition. Mais que, ce sont des traitres, des apatrides, des ennemis du parti. Et d’ajouter que, ce sont eux qui ont volé les élections pour remettre le pouvoir au professeur Alpha avec la complicité de Jean-Marie et de Sékouba Konaté. Sinon que, c’est l’UFDG qui a gagné. Donc qu’il faut les surveiller. Il a tenu ce discours à l’assemblée générale et en langue nationale.

Pourquoi vous êtes-vous senti visé par ces propos ?

Parce que tous les militants savent que je suis le seul qui était au gouvernement de transition. Le samedi qui a suivi il est revenu pour encore dire : « on a reçu le président du parti. Le gouvernement n’avait pas donné son accord. Il a réprimé. Il a réagit de façon cruelle, violente. Maintenant des gens sont morts, beaucoup sont blessés, des gens sont condamnés. Mais ce n’est pas le gouvernement, ce n’est pas le gouverneur, ce sont les membres de l’UFDG qui étaient dans le gouvernement de transition. Ce sont eux qui sont responsables de tout ça, ce sont eux qui ont donné les noms de tous ceux qui ont été arrêtés, de tous les morts. Ce sont eux qui ont fait les propositions des différentes sentences. Donc, ce sont des gens dangereux, il faut les surveiller ». J’étais assis à coté du président de l’UFDG. Il était là, il a entendu tout ça. Le troisième samedi, le même notable tient le même discours. En disant : « il faut que vous sachiez que les responsables de l’UFDG qui étaient au gouvernement de transition, ce sont nos ennemis, ils savent que beaucoup parmi nous seront tués, beaucoup seront arrêtés et condamnés et beaucoup vont fuir. Mais les jours du pouvoir d’Alpha sont comptés. Ils sont plus courts qu’entre le nez et les lèvres. Donc, c’est bientôt, il faut qu’on retrousse les manches et qu’on se prépare à l’assaut final ». Quatrième samedi il dit : « nos ministres qui étaient au gouvernement de la transition sont déçus puisque tout ce qu’on leur avait promis pour qu’ils volent les élections en faveur d’Alpha, ils n’en ont rien reçu. On leur avait promis monts et merveilles. Maintenant ils sont totalement déçus. Il faut qu’on les surveille ». 

Dalein n’a rien dit dans tout ça ?

J’ai dit au président si tu n’arrêtes pas ça, le parti va se casser et tu seras le seul responsable. Durant ces autres samedis, le président de l’UFDG se lève pour faire sa déclaration comme s’il n’avait pas entendu ce que le vieux a dit. Après, il lève la séance. Le vieux a continué ainsi pendant 26 samedis. En plus, vous savez que je suis professeur d’université. J’enseigne à deux niveaux, au niveau de la formation de base et celui de la spécialisation. Nous sommes au système LMD, nous sommes à l’université pendant 6 mois du lundi à samedi. J’ai envoyé la note de service au niveau du parti et j’ai demandé la permission. 

Vos absences n’ont donc jamais été justifiées ?

Le hic est que s’il s’agit de moi, ce lobby empêche à ce qu’on justifie mes absences. De tout le temps d’ailleurs, ce président par intérim dira que tel vice-président est en mission à tel endroit. Et s’il s’agit de moi, il dira qu’on ne sait pas où sont les autres. Il s’abstient de justifier mon absence et il présente de sorte qu’on dise je me suis absenté volontairement. Et dans ses interventions, le président disait : « Saliou Bella a abandonné le parti et il dit comme prétexte qu’il a cours à l’université ». Alors que dans le monde entier si tu as cours à l’université même pour la formation de base tu dois chômer le conseil des ministres à plus forte raison une réunion de parti politique. Donc ce lobby est directement lié au président qui est le maitre d’œuvre de ma diffamation, de mon écartement, de mon éloignement, de ma ségrégation, de ma discrimination. Après les cours je suis venu montrer la note de service et celle qui a fixé la date d’évaluation. Mais je n’ai pas eu l’opportunité puisque je ne suis pas président par intérim de dire à la masse que j’avais cours. 

Cela vous a-t-il alors paru suspect ?

Ils ont tout fait pour me présenter comme quelqu’un qui a abandonné le parti et qui est entrain de faire autre chose que de contribuer à assurer la promotion du parti. C’est pour vous dire que c’était un travail orienté pour me chasser du parti. Lorsque le président était parti pour l’extérieur et que Bah Oury était au Sénégal, j’ai assuré l’intérim. Au retour de celui-ci, je me suis levé publiquement pour lui dire « tu es le premier vice-président, je suis le deuxième vice président. Selon l’esprit des statuts je te rends l’intérim. Je vous dis qu’il y a eu violation du statut à quatre reprises. Le président du parti a volontairement voulu confier l’intérim au quatrième vice-président, cinquième personnalité du parti au détriment du 2è vice président que je suis, leader fondateur du parti. Il y a eu des interventions partout, il n’a pas voulu.

A votre avis pourquoi Dalein n’a pas voulu vous confier l’intérim ?

Ce n’est pas par incapacité, pas par impopularité. Je suis l’un des plus capables du parti. L’un des plus aimés du parti. C’est par humeur personnelle seulement que le président a voulu m’écarter du parti. Lorsque j’ai remis l’intérim à Bah Oury, il a fonctionné jusqu’à la veille de l’incident qui a eu lieu chez le professeur Alpha Condé. Donc après, on ne l’a pas vu. La dernière fois qu’on a cessé de le voir, c’est le samedi. Après lundi nuit, il y a eu l’incident au domicile du président de la République. Mardi personne n’est sorti, mercredi je viens au service, j’ai travaillé jusqu’à 13h en tant que chef de service adjoint et formateur. Je quitte à 13h pour l’université. 

A 14h 30, je quitte l’université pour aller chez le président de l’UFDG m’enquérir de l’état de santé de sa famille et saluer sa femme qui était revenue de l’Europe. On était en pleine conversation quand l’épouse d’un de mes amis, Dr Ben Youssouf Keita m’a demandé en ces termes : « toi, tu ne vas pas au conseil politique extraordinaire de l’UFDG ? ». J’étais étonné. J’ai appelé. Le secrétaire général du parti prend et me répond qu’ils sont en pleine réunion. Il demande d’abord : « c’est qui ? ». J’ai dit que c’est Dr Saliou Bella. Alors il dit : « bon écoutes, moi je te rappelle. Je suis occupé ». Alors que dans mon programme, après chez le président, je devrais venir au siège du parti avant de partir à ‘’CBG’’ pour voir ce qu’il ya lieu de faire. Mais lorsque le secrétaire général m’a dit ça, je suis rentré à la maison. 

A 18h, il m’a rappelle pour me dire : Dr Saliou Bella tu m’avais appelé. J’ai dit, c’était pour m’enquérir des nouvelles. Il dit : « ne te moque pas de moi. Pourquoi tu m’appelles ? Tu ne peux pas venir au siège du parti ? D’ailleurs, je raccroche ». Et le soir, j’apprends par un communiqué que l’UFDG à un nouveau intérimaire : le quatrième vice-président. Et j’apprends que c’est le président qui lui a intimé d’assurer l’intérim. 

A partir de là, les militants de l’ex Afia, les sympathisants de toutes les sensibilités que ce soit de l’ex UNP ou de l’ex UPR, des autres, épris de paix et de justice et d’équité sont venus chez mois. Ils m’ont dit à partir de maintenant on te demande de ne pas aller au parti sous l’autorité de l’actuel président par intérim. Parce que nous savons comment il te traite quand il est président par intérim. Il m’a intenté plus de quatre procès au parti, à chaque fois qu’il est intérimaire. J’ai donné mon accord. Ils ont constitué trois délégations, ils ont envoyé une délégation à la coordination haal poular avec un rapport, une délégation chez l’épouse du président, une délégation au parti. Au niveau du parti, on les a renvoyés en disant qu’ils ne sont pas une boîte à lettres. L’épouse du président les reçoit et les écoute pieusement et promet de prendre des dispositions au niveau de la coordination. On met une commission paritaire pour examiner tout en donnant raison aux plaignants et en promettant qu’ils vont saisir le président pour qu’il rétablisse immédiatement l’ordre. 

Pourtant même l’épouse de Dalein ne voulait pas votre départ du parti ?

L’épouse du président est venue chez moi, j’étais à l’hôpital, elle m’a rejoint. Je lui ai dit de rentrer, que je vais la retrouver à la maison. Je lui ai tout expliqué. Elle a fondu en larmes. Elle a demandé des excuses, elle a dit qu’elle prendra ses dispositions, qu’elle va appeler son mari. Et c’est ce qu’elle a fait. La coordination a mis en marche sa commission occulte, celle-ci a débranché tout et n’a pas voulu réagir. Selon ce qu’on nous a dit. 

Elle a demandé des comptes au président, n’est-ce pas ?

Quand l’épouse du président l’a appelé. Celui-ci m’a rappelé, je lui ai dit quatre choses qu’il ne me pardonne pas. J’ai dit : « tu connais pertinemment que le parti UFDG est un mouvement de masse et c’est toi qui en est responsable, tu as toujours refusé qu’on organise le parti, tu sais pertinemment que nous ne gérons pas le parti, que c’est ce lobby qui gère le parti au détriment de toi-même le président et nous les vice-présidents. Ce lobby et ce cabinet, nous donnent ce qu’ils filtrent, et monopolisent le reste. Ce sont eux qui gèrent le fonctionnement du parti. Troisièmement, tu sais pertinemment que tu es toi-même responsable à 90%. Le responsable de notre échec aux élections passées. Quatrièmement, tu es responsable de la gestion calamiteuse de ce parti ». Puisque, après son investiture je suis allé avec le premier vice-président le rencontrer. 

J’ai dit : voilà que tu es président maintenant, je viens te voir avec mon homologue pour que nous discutions de comment gérer le parti et moi je te propose pour la gestion financière de t’occuper des gros montants. Puisque selon les règlements tu es le coordinateur du budget. Moi, je m’occupe de la mobilisation et l’organisation du parti. Le premier vice-président s’occupera du budget de fonctionnement. Il dit qu’il n’est pas habitué à signer des chèques que Bah Oury et moi voulons lui faire signer. Qu’on peut le faire, que lui, il ne s’approche pas de ça…

L'hebdomadaire d'informations générales et d'analyses de la Guinée : '' L’Indépendant ''