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Abdoul Razzagui Camara : «Je ne suis pas bien à Sochaux»

Peu en vue depuis son arrivée au FC Sochaux-Montbéliard, Abdoul Razzagui Camara s'est distingué sous le maillot guinéen (deux buts, une passe décisive) lors de la Coupe d'Afrique des nations. Au moment de retrouver Rennes (samedi à 21h), son club formateur, le milieu offensif (22 ans le 20 février) confie son mal-être.

«Abdoul Razzagui, comment s'est passé ce retour glacial à Sochaux après la CAN au Gabon (la Guinée a joué ses trois matches à Franceville, ndlr) ?
Oh oui, il fait super froid, il faut s'habituer. Je suis revenu dimanche, lundi j'ai seulement fait du vélo et j'ai repris l'entraînement mardi. 

Quel bilan tirez-vous de votre Coupe d'Afrique des nations ?
C'était une très bonne expérience. J'ai pu découvrir un groupe qui vivait bien, où il y avait de l'ambiance, un coach (Michel Dussuyer, ndlr) qui me faisait confiance, qui me laissait de la liberté, qui me parlait beaucoup et qui me laissait jouer mon football. C'est très important. Là-bas, je sentais que les gens comptaient vraiment sur moi. Quand il n'y a pas cette confiance, un joueur ne peut pas être bon.

Vous insistez beaucoup sur cette notion de confiance en sélection guinéenne. A Sochaux, vous la ressentez aussi ?
Non, du tout. (Silence)

Vous êtes mal à l'aise, mal dans votre peau à Sochaux ?

Bien sûr. Je ne vais pas dire le contraire. Sur ce que j'ai vu depuis que je suis arrivé, les comportements que j'ai vus, je ne suis pas bien ici. J'étais venu pour jouer. Je suis arrivé et on m'a mis sur le banc pendant je ne sais combien de matches (deux titularisations toutes compétitions confondues, ndlr). Il n'y aucune explication. T'achètes pas quelqu'un pour le mettre sur le banc et ne pas le faire jouer, je ne comprends pas trop.

«S'il n'y a pas de réaction, c'est direction Ligue 2»

Vous revenez en forme et en confiance d'une CAN réussie. Vous pouvez inverser le cours des choses...
On verra bien. Je vais jouer mon football. S'il compte sur moi et que je joue, tant mieux. Si je ne joue pas, on verra bien en juin. 

Le temps n'est pas vraiment aux états d'âme alors que le club est lanterne rouge de Ligue 1. Il est urgent de réagir...
Ah ça c'est sûr. S'il n'y a pas de réaction, c'est direction Ligue 2. Il faut vraiment qu'on change les choses. 

Ce samedi, vous revenez à Rennes, au stade de la Route-de-Lorient. Pour vous, ce match contre votre club formateur est forcément particulier...
Oui, parce qu'au match aller (2-6, 7e j. de L1) je m'attendais à jouer d'entrée et on m'a mis sur le banc (il est entré à la 63e, ndlr). On verra samedi pour le retour mais c'est sûr que le vivre sur le banc ça me ferait vraiment chier. Quand je ne joue pas, je ne suis pas épanoui. Je préfère encore jouer tout le temps dans une petite équipe qu'être là, sur le banc, à regarder. 

Que retenez-vous de votre expérience à Rennes ?
Je n'ai que des bons souvenirs. Que ce soit au centre de formation, où j'ai beaucoup appris avec des coaches comme Yannick Menu et Régis Le Bris, qui m'ont beaucoup aidé. Chez les pros, j'ai connu un grand coach, Monsieur Antonetti. J'ai appris beaucoup de choses à l'entraînement avec lui. C'est la seule chose que je regrette et qui me manque depuis mon départ. Mais en équipe première, je ne pouvais pas m'imposer parce qu'il y avait des joueurs comme Pitroipa, Kembo, qui étaient au-dessus. En partant à Sochaux, je voulais juste faire mon chemin et jouer.» 

Propos recueillis par Thomas SIMON

Retrouvez dans France Football de ce vendredi 10 février le sujet consacré au club franc-comtois : «Sochaux, trop vite, trop haut, trop fort !»